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30 novembre 1999

Reportage au coeur des stages de conduite

La chaussée est détrempée. La voiture entame le virage à droite. Soudain, les roues arrière perdent l’adhérence. La voiture se met en travers. Le conducteur tente de contre-braquer. Mais la voiture dérape dans l’autre sens, engageant toute la largeur de la route, avant de faire un magistral tête-à-queue et de finir sa course dans le fossé. Le talkie grésille du rire du moniteur. Le conducteur peste mais ce n’est pas grave : il est là pour apprendre, en toute sécurité sur un circuit.

En marge des stages obligatoires de récupération de points perdus, il en existe d’autres, juste destinés à mieux comprendre la conduite et les risques de la route. Zérotracas.com en a suivi un pour mieux vous en parler.

C’est à l’orée de la Normandie près de Vernon, à 80 km de Paris, dans le décor improbable d’une ancienne raffinerie transformée en centre d’essai de lutte contre les incendies, que se trouve le circuit d’Automobile Club Prévention Sifa où nous allons participer à un stage de compréhension de la conduite.
 
Autour d’un café, nous faisons la connaissance de Bruno, le moniteur et des autres stagiaires : un groupe de chauffeurs de cars régie d’une grande chaîne de télévision qui en est à sa deuxième cession. « En sortant d’ici, on est plus prudent et on constate surtout que les gens ne savent pas conduire », nous confie l’un d’eux. Le stage d’aujourd’hui se déroule sur une journée, presque exclusivement consacrée à la conduite sur chaussée glissante. Mais ce n’est qu’un des 17 modules de 2 heures à 5 jours proposés par Sifa.

En attendant de passer sur le circuit, Bruno nous entraîne dans une salle pour nous briefer.

D’abord la théorie.

Bruno commence par quelques rappels sur la législation, en insistant sur l’extrême fragilité du permis à points. « Un feu orange, c’est 4 points, comme un feu rouge ou un stop ; et n’allez surtout pas dire à l’agent que vous étiez pressé ! ». Car au-delà de l’apprentissage spécifique, l’enjeu du stage consiste à changer les comportements au volant.
Bruno insiste notamment sur la vitesse et l’illusion du temps gagné : « Si tout le monde roulait à la même vitesse, il n’y aurait pas de bouchon. Ce sont les écarts de vitesse qui les créent ». À bon entendeur…
Quelques questions plus tard, nous glissons vers la partie spécifique du stage. D’abord les définitions : la glissade, c’est quand les roues avant décrochent, à la différence du dérapage, où ce sont les roues arrière. Dans les deux cas, une vitesse inadaptée et une mauvaise estimation de la situation sont responsables.
Rappel de Bruno : « sur le circuit, attachez vos ceintures, respectez les consignes de  sécurité et les vitesses recommandées », et interro surprise du même : « S’il y a une perte d’adhérence, qu’est ce que vous faites ? ». On se regarde et chacun tente une solution : « Freiner ? Accélérer ? Contre-braquer ? ». Bruno sourit et nous emmène expérimenter nos idées.

En piste !

Chacun choisit sa voiture, des Renault - Mégane, Scénic, Clio – récentes, et qui ont la particularité d’avoir des pneus arrière totalement lisses. « Indispensables pour simuler les conditions réelles à basses vitesses, donc en toute sécurité », explique Bruno avant de nous faire une démonstration d’évitement d’obstacles et de virages.
Vu du bord de la piste, recouverte de peinture et copieusement arrosée, ça semble très facile. « 40 km/h pour éviter les cônes et 20 dans le virage ». À ces vitesses-là, on rigole en se disant que c’est faisable. Désenchantement au volant : au premier coup de volant la voiture se met à danser. Chacun notre tour sur la patinoire, nous testons nos solutions pour récupérer le coup. Sans grand succès, et Bruno s’amuse beaucoup à compter nos tours de manèges.
Tout le monde revient en bord de piste, et on va profiter de la pause déjeuner pour apprendre ce qu’il faut faire.

La solution.

Autour du plat du jour du restau du coin, Bruno nous explique la méthode.
Le premier principe, c’est de ne pas freiner. La pédale du centre et le rétrogradage, c’est avant le virage. Une fois la voiture partie, il est trop tard.
La solution se trouve sur la pédale de gauche. Dès que la voiture dérape, il faut débrayer pour stabiliser les masses. Puis contre-braquer, vite si la voiture part vite, jusqu’à ce qu’elle parte de l’autre côté et jusqu’à la butée si nécessaire. Ensuite, on re-contre-braque, et ainsi de suite tant que la voiture chasse.
Dernière chose, peut-être la plus importante, regarder où on veut aller, et non où l’on a peur d’aller : c’est à dire qu’on fixe la route et non le fossé.
Bruno nous donne encore quelques trucs. Dans une voiture à boîte automatique, pas de débrayage possible. Si on a le temps, il faut revenir à la position neutre ou, au moins, lâcher l’accélérateur.
Théoriquement, on peut rattraper une voiture jusqu’à 45°. Et c’est dans les fesses qu’on le sent. Aussi, est-il important de bien se caler au fond de son siège.
Le temps d’un café, et nous voilà de nouveau au volant de nos véhicules, alors que les canons à eau arrosent la piste.

Ça va beaucoup mieux.

Les mains bien positionnées à 10h10, voire 9h15, sur le volant, les stagiaires s’élancent. Houps, à l’évitement du premier cône, la voiture chasse, évidemment. Débrayage, contre-braquage, dans un sens puis l’autre… et tête à queue. « Tu n’as pas regardé où tu voulais aller. J’ai vu ton regard quitter la route ». Bruno a l’œil à tout.
Entre stagiaires, on se chambre et on s’encourage. Et ça y est ! Une Clio pilotée par un chauffeur de car régie, tangue de droite et de gauche à l’évitement des cônes, retrouve sa trajectoire pour attaquer l’épingle à cheveux où, là encore, les roues patinent avant de se remettre dans l’axe. Bravo.
Après le troisième tour, ça commence à venir. Les regards sont fixés sur la bonne direction et les roues crissent, mais les voitures restent le plus souvent en ligne.

On essaie le circuit dans l’autre sens, en alternant les virages courts et longs. Avec le temps, certains prennent de l’assurance. Ils tentent de passer plus vite, parfois avec succès, mais dans la plupart des cas, leurs courses se terminent à l’envers, sur le bord du circuit. Éclatante démonstration de l’importance de la vitesse.
Pour s’en assurer, on teste le freinage. Si la voiture et ses roues ne sont pas parfaitement en ligne, c’est le dérapage assuré. On change aussi de voiture pour faire l’essai avec ou sans ABS. Avec, aucun problème. Mais, Bruno nous en fait la démonstration, un excellent conducteur freine plus court sans ABS. Il nous recommande fermement de ne pas nous amuser à le débrancher. Il vaut mieux parcourir quelques mètres de plus en maîtrisant son véhicule que de se prendre pour Fangio et d’en perdre le contrôle.

Déjà fini…

Nous n’avons pas vu le temps passer, mais il est déjà 17h et la journée s’achève. Nous garons les voitures à regrets avant de retourner dans la salle de briefing pour faire un bilan. Chacun raconte son expérience et ses progrès. « L’important, ce n’est pas tant de savoir se tirer d’une situation critique, commente Bruno, mais d’éviter de s’y retrouver ». Et la solution est simple : la vitesse, toujours la vitesse, à adapter aux circonstances.
« Ces stages, ça devrait être obligatoire », commente un stagiaire. « D’ailleurs, j’essaie de venir tous les 2 ans, raconte un autre, et même une fois avec ma voiture personnelle pour mieux la connaître ». Bruno est satisfait : son message semble acquis.

Des stages pour tous.

Nous rencontrons Pascal Poupard, le directeur du centre, grand promoteur de « la Conduite Attitude », l’ensemble des conseils pour éviter de se placer en situation d’accident.
Les premiers clients sont les entreprises qui envoient leurs salariés gros rouleurs. Normal : le prix du stage (autour de 150 € par jour pour un particulier et plus de 250 € pour une entreprise) est un peu dissuasif. Pourtant, de nombreux conducteurs en auraient besoin. « Avec un effet pervers, tempère Bruno, car les plus jeunes ont parfois tendance à vouloir retrouver sur la route les sensations éprouvées sur le circuit ! ». En effet, ce n’est pas une bonne idée.
Les stages les plus courts sont organisés dans l’entreprise, avec une simple partie théorique. Mais on peut y ajouter un bilan de compétence avec un des moniteurs de Sifa, tous formateurs officiels d’auto-école ayant suivi une spécialisation.
Les stages pratiques se déroulent sur circuit, parfois pendant 5 jours, comme ceux destinés aux chauffeurs de direction, où un spécialiste du GIGN explique même comment assurer la protection rapprochée des personnes transportées. Sifa reçoit aussi des vendeurs de voitures qui viennent éprouver in-situ les nouveaux modèles et leur électronique embarquée.
Autre clientèle possible : les motards, qui savent bien que sur 2 roues, le danger est partout. Equipées de stabilisateurs pour éviter les chutes, les motos de Sifa partent pour de belles glissades et permettent d’apprendre à les maîtriser.
Pascal précise aussi que ces stages sont volontaires. Rien à voir avec les stages de récupération de points strictement théoriques pour les automobilistes ayant perdu des points.

Conclusion : un peu cher mais super.

Nous saluons nos hôtes et retrouvons une voiture normale, sur une route normale. Que penser de ces stages ? D’abord qu’ils sont utiles, comme tout ce qui aide à mieux conduire. Ensuite, et on ne le dit pas assez, qu’ils sont très amusants. Faire la toupie à 4 roues sur une patinoire, c’est vraiment une expérience marrante. En quelle meilleure pédagogie que d’apprendre en s’amusant ?

Reste le problème du coût et du temps. Recommandons donc aux salariés qui roulent beaucoup de "harceler" leur patron pour suivre une formation comme celle-ci. Et aux autres de ne pas hésiter à offrir une journée de stage de conduite à un ami, un parent ou à soi-même. C’est certes moins prestigieux que d’aller faire le cake sur un circuit avec une Porsche, mais au final, beaucoup plus utile et certainement bien plus rigolo.


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