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04 novembre 2011

Pouvons-nous changer notre relation à la voiture ?



Aujourd’hui, comme depuis dix ans, Stéphane, 38 ans, prend sa voiture matin et soir pour se rendre au travail, quand le métro est au coin de sa rue. Avant, il s’asseyait au volant sans se poser de questions : « Aujourd’hui, je pense à mes émissions de CO2 dès que je mets en marche mon moteur… »
Pourtant, malgré sa culpabilité croissante – signe de l’influence du discours écologique –, il n’est pas prêt à se déplacer autrement. « J’attends que ça bouge. Je me dis que l’on va bien finir par inventer la voiture propre », lancet- il avant de reconnaître qu’il n’est « pas à l’aise avec cette posture attentiste. En fait, toute cette histoire d’“écomobilité” est récente, je n’ai pas vraiment envisagé la question ». Avant, ce qui parlait à l’automobiliste, c’était : « Mettez un tigre dans votre moteur » (Esso). Ou : « Il a la voiture, il aura la femme » (Audi). Pour en avoir – de la puissance, du succès –, il fallait en avoir – des chevaux sous le capot. Aujourd’hui, les marques changent leur fusil d’épaule : « Le plaisir est une énergie renouvelable », ose BMW, tandis que Range Rover promet « Le moteur qui respire »… Que l’on ne s’y trompe pas, il est toujours question de performances et de sensualité. « On rend sexy des grammes de CO2 ! » s’amuse Stéphane. Si la conduite ne leur est plus réservée, « la voiture permet aux hommes d’affirmer leur virilité, confirme le psychanalyste Serge Tisseron, et continue d’être investie comme un objet narcissique, destiné à valoriser celui qui la possède ». Cet imaginaire phallique tend malgré tout à s’estomper. « Les enfants sont habitués à voir leur mère conduire. Les femmes entretiennent un rapport moins libidinal avec la voiture. Pour elles, c’est d’abord un outil pratique », observe Jean-Pascal Assailly, psychologue et chercheur à l’Inrets. Elle n’en reste pas moins un indicateur fort de notre identité…

Un marqueur identitaire

« L’automobile est inscrite dans le cycle de vie comme l’objet d’un rite de passage, note Anaïs Rocci, sociologue au bureau de recherche 6T, spécialisé en mobilité urbaine. Passage à une liberté, à une autonomie, passage au monde adulte, à un certain statut, ou bien à différentes étapes de la vie : entrée dans la vie étudiante, dans la vie active, changement professionnel, naissance d’un enfant, séparation ou union. » Du vélo au scooter, de la voiture d’occasion à la voiture neuve puis à la deuxième voiture pour le couple, ou à la familiale, notre construction identitaire, renforcée par la logique marchande, nous pousse à acquérir des véhicules de plus en plus gros. Donc de plus en plus polluants. Difficile, dès lors, de passer à la marche ou au métro, si cela signifie abandonner une partie de soi : « Quand ma 205 a été mise à la casse, j’ai versé une larme, confie Éléonore, 37 ans. Ce qui partait avec elle, c’étaient mes années de fac… » Ou de revenir en arrière, tant « il paraît normal, en vieillissant, d’atteindre un niveau de confort de plus en plus élevé », constate Anaïs Rocci. Ce qui prive Véronique, 44 ans, parisienne, de découvrir les joies de l’« écomobilité » est d’un autre ordre : elle déteste le métro. « Je me sens contrainte par la foule, les horaires, les avaries matérielles… En voiture, malgré les embouteillages, j’ai l’impression d’être plus libre de mes mouvements. J’allume la radio, j’entrepose mes affaires, j’ai mon indépendance. » « Le Français aime sa voiture, affirme Jean-Marc Bailet, ex-gendarme devenu docteur en psychologie, expert en sécurité, prévention et éducation routières. Elle est un prolongement de sa maison. » « J’ai un petit côté misanthrope », avoue Véronique, dont le bonheur se résume à l’équation « tranquillité + mobilité ». Une nouvelle mobilité Les constructeurs tentent de nous aider à rouler propre en développant de nouvelles automobiles, électriques ou hybrides, dont l’usage est d’ailleurs plus polluant qu’on ne le croit. Encore rares, elles séduisent les « techno-hédonistes » (amateurs de nouveautés technologiques), qui trouvent dans leur achat « le moyen d’afficher une posture de leader de tendance, analyse Patrick Fourniol, directeur communication et marketing chez Renault. Ils contribuent ainsi à proposer une nouvelle image de l’automobiliste, qui n’exhibe plus sa réussite sociale, mais se montre “socialement responsable” ». Chez les plus jeunes, ces changements symboliques sont déjà à l’oeuvre. Ils cultivent leur mobilité autrement, se détournent de la voiture comme bien à posséder. « Pour eux, souligne François Bellanger, directeur du laboratoire d’idées Transit-City, la mobilité n’est plus dans la “bagnole”, mais dans les baskets et le portable » Les générations montantes, mobiles même sans voiture, imposent leurs codes : consommation low cost, éthique, écologique (malgré les baskets et le portable…) et une certaine agilité à jongler avec les services. Pour Anaïs Rocci, « nous entrons avec eux dans une logique de zapping propice au passage de l’“automobilité” à la “multimodalité” », c’est-à-dire le panachage de différents.

L’autopartage, une solution durable

Pourquoi posséder quand on peut mutualiser ? Encore marginaux il y a cinq ans, certains comportements de consommation se sont banalisés à une vitesse surprenante. Aujourd’hui, on loue une perceuse au lieu d’en acheter une, on acquiert sa poussette d’occasion sur Internet, on échange sa maison pour les vacances… La voiture n’échappe pas à la tendance : insensiblement, nous nous détachons d’elle comme bien à posséder pour en privilégier la valeur d’usage, que l’on optimise à plusieurs. L’autopartage connaît ainsi un succès grandissant. Le principe : « Plutôt que d’avoir une voiture individuelle qui reste au parking les trois quarts du temps, on a accès à un véhicule selon ses besoins », explique Dominique Platon, fondateur de Mobilib1, à Toulouse, une coopérative qui compte seize véhicules pour deux cent trente adhérents. Les constructeurs s’adaptent à la tendance en multipliant les offres de services (location longue durée plus contrat d’entretien, par exemple). Une manière d’anticiper sans la redouter une probable baisse des ventes. Et aussi : www.franceautopartage.com ou www.mobizen.fr. Caroline, 27 ans, conseille ainsi aux hésitants le Mundo, « le top du vélo utilitaire, que l’on peut équiper d’un moteur électrique », ou le recours aux portails de covoiturage accessibles depuis son téléphone mobile (encadré ci-contre), « la grande classe techno », selon elle…

Trois types d’autojustification

Résumons-nous : nous savons tous que rouler moins est bon pour l’environnement, qu’il existe des alternatives qui nous mettent à la pointe de la tendance, qui nous évitent de contribuer à la surproduction industrielle, à l’encombrement des routes, qui nous permettent de faire de nouvelles rencontres, et même d’imiter les jeunes ! Alors pourquoi sommes-nous encore si hésitants à lâcher notre sacrosaint volant ? D’après Anaïs Rocci, « confrontés à une dissonance cognitive – c’est-à-dire tiraillés entre l’envie de conduire et celle de protéger l’environnement –, nous choisissons le plus souvent d’adapter notre discours plutôt que notre comportement ». Ce mécanisme de résistance s’appuie, selon elle, sur trois types de justifications. La première est d’ordre symbolique et consiste à se réfugier dans le fatalisme, qu’il soit pessimiste (« Si les Chinois passent tous du vélo à la bagnole, ce n’est pas parce que je roule moins que ça va arranger les choses ») ou optimiste (« On va bien finir par inventer la voiture propre »). Le deuxième type d’excuse est d’ordre social et renvoie la responsabilité du changement sur les autres – l’industrie, les pouvoirs publics – qui sont sommés de montrer l’exemple (« On demande toujours aux mêmes de faire des efforts. Les ministres ou les patrons ne risquent pas d’abandonner leur chauffeur pour prendre le métro… »). La troisième explication, purement matérielle, désigne des obstacles réels (« Il n’y a ni bus ni train dans mon village »). Pour Anaïs Rocci, il est d’autant plus difficile pour un individu d’abandonner ces discours d’autojustification que ceux-ci sont tenus par le plus grand nombre. Pourtant, comme l’indique le psychologue social Robert- Vincent Joule5, engagé dans des actions de sensibilisation à la protection de l’environnement, c’est aussi « en situation de groupe que l’on augmente ses chances de changer, notamment en prenant des engagements publics tels que : “Demain, je vais travailler à vélo” ». Il appartient dès lors à chacun d’entre nous de décider – en conscience et de quelle façon – s’il s’engage à rouler autrement. C’est possible !

Moins de pétrole, d’autres idées

Le covoiturage : des sites mettent en relation passagers et conducteurs pour faire un même trajet ensemble (www.covoiturage.fr, www.covoiturage-mobile.fr, www.123envoiture.com…).
La voiture en libre-service : version auto du Vélib’ (projet en cours, www.vulog.fr).
Le parking relais : un stationnement en dehors du centre-ville relié à un transport en commun (gratuit à Angoulême).
Le centre multimodal : Mobiway, à La Défense, dans les Hauts-de-Seine, rassemble par exemple toutes les options, de la moto-taxi au covoiturage (www.vincipark.com).

A LIRE

Roulez et bougez écolo ! de Maud Veisseire et Aurélie de Varax Pour s’informer sur les enjeux et sur les offres « écomobiles » (Eyrolles, 2009).
Le volant rend-il fou ? de Jean-Marc Bailet Un ouvrage pour mieux comprendre la psychologie de l’automobiliste (L’Archipel, 2006).


Auteur : Agnès ROGELET pour Psychologies magazine
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