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04 novembre 2011

La première séance : "je panique au volant"


Ce mois-ci : Valentine

Valentine a 38 ans. Elle est mariée, chargée de formation. Son nom et quelques détails ont été changés pour respecter la confidentialité.
Valentine : J’ai un problème qui s’installe. Je n’arrive plus à conduire, alors que j’adorais ça depuis mes 18 ans. Jusqu’à présent, j’étais très à l’aise au volant. Aujourd’hui, dès que je suis sur l’autoroute ou le périphérique, dès qu’il y a de la vitesse, et surtout lorsque je me retrouve sur la voie du milieu, je panique, je suis envahie par l’angoisse, j’ai des vertiges, le pied coincé sur le frein. Il me faut un bord.

Robert Neuburger : Vous imaginez des scénarios à ce moment-là ?
Valentine : Je me dis que si j’ai besoin de m’arrêter, je ne peux pas, et je me sens coincée. Alors je ne conduis plus, ce qui est un handicap dans ma vie quotidienne parce que je perds toute autonomie, je ne peux plus rien faire seule. Cela m’arrive aussi un peu à la piscine quand je nage : je préfère me tenir près du bord, sinon j’ai peur de perdre conscience, de m’évanouir. Je ne comprends pas ce qui m’arrive. La première fois, c’était lorsque j’étais enceinte.

R.N. : Vous avez un enfant ?
Valentine : Deux. L’un de 2 ans et demi et l’autre de 4 ans. Du coup, j’ai encore moins envie de prendre de risques au volant quand ils sont avec moi…

R.N. : Vous êtes mariée ? Ça se passe bien ?
Valentine : Oui, depuis cinq ans. Je n’ai pas de souci de ce côté-là.

R.N. : Avez-vous déjà eu des troubles dans le passé, par exemple alimentaires ou autres ?
Valentine : Moi, non. Mais ma sœur, qui a deux ans de plus que moi, a été anorexique. Cela a commencé lorsqu’elle avait 12 ou 13 ans. Elle n’est pas guérie. C’est un problème majeur dans la famille…
R.N. : Vos parents s’occupent d’elle ?
Valentine : Ils ne font que ça. C’est leur sujet d’inquiétude. Elle vit seule, mais près d’eux, elle est très dépendante. Elle n’a jamais pu travailler. Nous nous voyons chez mes parents, mais nous avons du mal à communiquer. Elle est engluée dans ses problèmes et ne me parle que de notre petite enfance.

R.N. : Que s’est-il passé dans l’enfance ?
Valentine : Je ne sais pas. Elle culpabilise mes parents sur tout ce qui lui arrive, leur fait des reproches incessants. Mais je ne veux pas l’entendre. Je n’ai pas envie d’entendre du mal sur mes parents, qui ont sans doute eu des torts, mais bon… Je ne pense pas qu’ils soient responsables de son état.

R.N. : Que leur reproche-t-elle ?
Valentine : Peut-être d’avoir été un peu trop tapée. Mais comme elle était très violente, elle engendrait la violence. Elle poussait à bout mon père, qui avait la main leste, elle tapait ma mère, et moi aussi !

R.N. : Vous n’avez pas une grande différence d’âge. Quel était votre rôle là-dedans ?
Valentine : J’ai essayé de faire ma vie à côté, de me protéger. J’avais des amis, l’école. J’essayais de ne pas trop m’immiscer dans ce conflit, parce que j’avais l’impression que ce n’était pas mon histoire.

R.N. : Avez-vous compris pourquoi elle faisait cette anorexie ?
Valentine : Non. Cela a commencé par un régime qu’elle n’a pas arrêté…

R.N. : Cela a dû être lourd pour vous, tout de même, toute cette violence, ces conflits…
Valentine : Je ne pense pas que cela m’ait tellement marquée. C’est plutôt le souci et l’inquiétude que nous nous sommes toujours faits pour elle qui ont pesé.

R.N. : En dehors de ce problème de conduite en voiture, rencontrez-vous d’autres difficultés ?
Valentine : Peut-être sur le plan relationnel, dans le travail notamment, j’ai du mal à communiquer. Je suis un peu brutale, agressive, trop directe. Je froisse mes interlocuteurs, mais je ne me rends pas compte de la portée de mes mots. Ma sœur me l’a assez reproché. À la longue, c’est « bloquant ». Être ainsi m’empêche d’avancer.

R.N. : Votre mari le supporte bien ?
Valentine : Oui, il est patient, il me connaît. Mais je sais que parfois je vais trop loin, même avec lui. Je critique beaucoup, je suis assez négative.

R.N. : Et avec vos enfants ?
Valentine : Je commence à avoir des problèmes avec mon fils de 4 ans. Il n’obéit pas, il est très agité, il ne sait pas se relâcher, il a du mal à s’endormir…

R.N. : Comment votre sœur a-t-elle vécu le fait que vous ayez un mari et des enfants ?
Valentine : Ça a été difficile, surtout au moment de mon mariage – elle n’est d’ailleurs pas venue. Puis un peu mieux quand j’ai eu mes enfants : elle s’est prise d’affection pour eux. Cela permet de créer d’autres liens, de parler d’autre chose que d’elle et de ses griefs.

R.N. : Vous avez quitté tôt votre famille ?
Valentine : À 20 ans, dès que j’ai travaillé et pu acquérir mon autonomie. J’ai d’abord vécu avec un homme pendant sept ans, mais il ne voulait rien construire. Puis j’ai rencontré mon mari qui avait les mêmes attentes que moi, le désir de construire une famille. Il est assez traditionnel, comme moi. Nous étions sur la même longueur d’onde.

R.N. : Au fond, vous n’avez jamais fait de crise d’adolescence. C’est que vous n’aviez pas le choix. Votre sœur a occupé toute la place, de ce côté-là.
Valentine : Oui, j’ai toujours été raisonnable, avec un besoin de stabilité. Mais, maintenant, ce qui m’inquiète, c’est que j’ai l’impression de ne plus rien maîtriser, de ne plus rien contrôler, comme si ma vie m’échappait. Je n’ai pas la sensation de vivre ma vie, mais d’être à côté.

R.N. : Avez-vous des fantaisies ? Envie de prendre une valise et de partir ? Vous autorisez-vous à rêver ?
Valentine : Je rêve énormément la nuit, et je suis si bien dans mes rêves que j’ai tendance à me coucher de plus en plus tôt. J’aime bien dormir; je m’échappe. Et puis j’ai envie d’être tranquille. Que l’on me laisse tranquille.

R.N. : Vous êtes-vous déjà autorisé des relations passionnelles ?
Valentine : Non, sauf très jeune, peut-être… Sinon, j’ai toujours été dans le stéréotype. Dans l’idée d’être avec quelqu’un de bien, de sérieux…

R.N. : L’impression que vous me donnez, c’est que vous fonctionnez sur deux niveaux. Il y a le niveau « raisonnable » et, en dessous, des choses qui bouillonnent et affleurent en ce moment. Cela apparaît dans vos petits troubles de l’humeur, dans votre intense activité onirique qui indique que beaucoup de choses se passent dans votre inconscient. Il y a aussi ce qui vous arrive au volant. Vous savez, les symptômes n’ont pas d’autre sens que leur fonction. Quand je vois que le résultat du vôtre est de vous « coincer » à la maison, je me dis qu’il y a quelque part une lutte entre des pulsions et votre désir d’être raisonnable. Vous avez peut-être envie d’aller prendre l’air, non ? Et vous vous êtes fabriqué un magnifique symptôme qui vous garde à la maison…
Valentine : Oui, je dois être trop rigide.

R.N. : Pas rigide, non, mais très « défendue ». Il y a en vous un être que vous n’avez peut-être pas envie de connaître, d’où l’hésitation dont vous me parliez à entreprendre une thérapie. Pour moi, vous êtes à un carrefour, si j’ose dire, étant donné votre problème de conduite ! Soit vous continuez
Valentine : Mais c’est dur, d’admettre que ça ne va pas.

R.N. : Je ne pense pas que vous alliez mal. Votre sœur va mal, pas vous. Je pense qu’il y a simplement quelque chose qui vous parle en ce moment, et qu’il faut l’écouter. Ce n’est pas aller mal. C’est ouvrir votre curiosité. Vous autoriser à être curieuse de vous-même.

Un mois plus tard

Valentine : « Je me sens un peu troublée depuis cette séance. Je suis très contente de cette démarche que j’avais envie de faire depuis des mois. Je n’imaginais pas que c’était aussi agréable d’être écoutée. Et j’ai été étonnée de parler si facilement. En revanche, parler d’une période douloureuse – mon enfance – a fait resurgir des souvenirs. Je pense que je vais entamer une thérapie, parce que je veux me débarrasser de mon problème, mais je me donne un peu de temps parce que j’ai peur d’être perturbée, peur du passé. »

Robert Neuburger : « Valentine nous offre l’occasion de rappeler une règle importante, celle de ne pas s’attaquer à un symptôme sans comprendre sa fonction. On aurait pu être tenté de lui conseiller de s’adresser à un thérapeute comportementaliste, étant donné la nature invalidante de son symptôme de phobie de la conduite sur autoroute. Mais une écoute plus attentive nous montre que ce symptôme est un compromis entre un besoin nouveau chez elle, celui de s’autonomiser, de se débarrasser de sa cuirasse de culpabilité, de s’éloigner de ses dépendances, et un besoin de stabilité, de sécurité, ainsi qu’une peur de quitter son foyer. Plutôt que de s’efforcer à supprimer son symptôme phobique qui risquerait de simplement se déplacer sur un autre, mieux vaut l’aider par une psychothérapie à comprendre ses contradictions internes. En devenant inutile, le symptôme devrait disparaître spontanément. »

Auteur : Anne B.WALTER pour Psychologies magazine

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