Un danger sous-estimé aux effets immédiats
Le protoxyde d'azote provoque une euphorie brève d'environ une minute. Mais ses effets se prolongent bien au-delà. Pendant 30 à 45 minutes, le conducteur peut subir des vertiges, des distorsions visuelles et des « trous noirs ».
Le gaz remplace l'oxygène dans le cerveau. Les réflexes s'effondrent, les distances de sécurité ne sont plus respectées, les décisions deviennent impulsives.
C’est ce que montre une expérience menée sur simulateur par l'association « 40 millions d'automobilistes ». Lors de ce test, 3 accidents ont été provoqué par chacun des conducteurs sous protoxyde, contre zéro à l'état normal. Par ailleurs, les vitesses d'impact lors de ces accidents oscillent autour des 67 km/h : une vitesse à laquelle un piéton ou un usager vulnérable n’a quasiment aucune chance de survie.
Un vide juridique à combler
Le protoxyde d’azote n’est pas encore classé comme stupéfiant. Pourtant, l'article R. 412-6 du Code de la route impose au conducteur de « se tenir constamment en état d'exécuter toutes les manœuvres ». En cas d'accident, la consommation peut être retenue comme circonstance aggravante, avec des peines allant jusqu'à 7 ans de prison et 100 000 euros d'amende.
Testé en Belgique et au Danemark, un détecteur permettant de détecter la molécule en une minute existe : il attend une évolution de la réglementation française pour être déployé.
La prévention en première ligne
Face à ce fléau, la Fondation VINCI Autoroutes a lancé en octobre 2025 une campagne choc : « Protoxyde d'azote : rien d'hilarant ». Le message est clair : derrière les 30 secondes de fou rire se cachent des drames réels.
