Une vulnérabilité documentée
Selon une étude de l’agence américaine de sécurité routière à gravité de collision équivalente, les femmes présentent 46 % de risques de blessures supplémentaires lors de chocs frontaux par rapport aux hommes et 55 % en cas de tonneaux.
Des chiffres appuyées par une étude menée par des chercheurs de l’université de Plymouth en Angleterre qui montrait en plus que les hommes auraient presque 2 fois moins de risque de rester coincés dans leur véhicule accidenté que les femmes. Cette plus grande vulnérabilité s'explique par 75 ans de test de voiture effectués sur des mannequins de crash test modelés sur le corps masculins ou sur des mannequins dits “féminins”, essentiellement sur des mannequins masculins miniaturisés. Ces derniers ne prenaient pas en compte les différences anatomiques : répartition des masses différente, colonne vertébrale plus souple, taille plus petite, conduisant les femmes à s'assoir plus près du volant, etc. Résultat : thorax, abdomen et membres inférieurs féminins restent insuffisamment protégés.
Des mannequins enfin adaptés à la morphologie féminine
Dès 2022, Alice Linder, une ingénieure suédoise, avait créé le mannequin SET 50F, un mannequin testé depuis fin 2022 en Suède.
En parallèle, aux Etats-Unis, la société Humanetics a développé le mannequin THOR-05F, construit autour d’une morphologie féminine de petite stature. Il intègre plus de 150 capteurs répartis sur la tête, le thorax, l’abdomen, le bassin, la colonne vertébrale et les membres et permet d’analyser des zones jusqu’ici peu ou mal mesurées, comme le bassin, les organes internes ou les jambes.
Ce dernier pourrait devenir obligatoire dans les tests officiels du NCAP en 2027–2028. Il est par ailleurs déjà disponible pour la recherche et les essais volontaires.
